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LE TOURISME VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL. MOYEN JUDICIEUX DE RAPPROCHEMENT DES CIVILISATIONS ET DES HOMMES


À prendre au mot certains discours officiels, le tourisme marocain de 2030 serait déjà écrit avec 26 millions de visiteurs, 500 000 lits, des stades pleins, des trains à grande vitesse, des aéroports agrandis et des milliards d’investissements. Cependant, une autre bataille se joue en parallèle, moins gaie, celle de la propriété des hôtels et du foncier touristique. Qui possédera les murs, les terrains, les stations balnéaires et les hôtels du Maroc en 2030 ? Des groupes marocains ? Des fonds souverains du Golfe ? Des chaînes espagnoles ? Des investisseurs égyptiens ? Ou une alliance de tous ces acteurs ?


Qui possédera, demain, le tourisme marocain?

Aujourd’hui, il faudrait admettre que le capital de l’hébergement touristique marocain est déjà largement internationalisé. Les enseignes françaises dominent encore le segment urbain et haut de gamme à travers Accor, plus particulièrement. Les Espagnols accélèrent très fortement depuis deux ans avec Barceló Hotel Group. Les Égyptiens avancent également mais de façon tentaculaire, principalement à travers Pickalbatros Hotels & Resorts, qui multiplie les discussions et acquisitions sur plusieurs actifs hôteliers marocains, notamment à Casablanca, Agadir et Marrakech.

Résultat? Nous sommes devant un paradoxe colossal. Alors que le Maroc affiche une ambition de souveraineté touristique, une partie croissante des actifs est exploitée ou financée par des capitaux étrangers. D’après plusieurs estimations émanant des professionnels du secteur, près de 60 % des chambres classées haut de gamme sont aujourd’hui opérées sous enseignes étrangères, même lorsque les murs restent marocains. Comme quoi, la carte du capital se découpe en réalité en quatre blocs.

Le premier bloc est marocain. Il reste majoritaire dans le foncier, c’est-à-dire dans la propriété des terrains et des bâtiments. Des groupes comme Risma, Atlas Hospitality, Kenzi Hotels Group, Valeria Hotels & Resorts ou encore Royal Mansour Hotels contrôlent une partie importante des actifs. Mais la plupart de ces groupes fonctionnent avec des partenariats internationaux. Une société marocaine possède les murs, une marque étrangère apporte la gestion, le marketing et les clients.

Le deuxième bloc est espagnol. Il est probablement celui qui progresse le plus vite depuis l’annonce de la Coupe du monde 2030. Les groupes espagnols ne viennent plus seulement gérer des hôtels, ils veulent désormais participer directement au capital des projets, notamment dans les villes hôtes du Mondial, à Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech, Agadir et Fez. Plus de vingt établissements sont aujourd’hui exploités par des groupes ibériques et plusieurs nouveaux projets sont en préparation. L’objectif évident est de profiter de la hausse attendue des prix fonciers et de la demande touristique liée à 2030.


Le troisième bloc est celui du Golfe. Il ne s’agit pas d’hôteliers, mais de fonds souverains et de foncières géantes. Depuis quinze ans, ils détiennent déjà des actifs-clés via Wessal Capital, SOMED ou Al Mada. Les Émiratis, les Qataris, les Saoudiens et les Koweïtiens se positionnent principalement sur le foncier touristique à très forte valeur, en fronts de mer, marinas, stations balnéaires, golf resorts et grands hôtels urbains. Ils ne cherchent pas forcément à gérer les hôtels eux-mêmes, ils préfèrent posséder le terrain et confier l’exploitation à une marque internationale.

Le quatrième bloc est égyptien. Il est plus récent, mais de plus en plus envahissant. Depuis deux ans, les groupes hôteliers égyptiens considèrent le Maroc comme le prochain grand marché touristique régional. La stratégie consiste tout simplement à racheter des hôtels existants, souvent vieillissants ou endettés, puis les repositionner sous une enseigne plus agressive commercialement. Les discussions, abouties pour la plupart, autour de plusieurs actifs à Casablanca, Marrakech ou Agadir montrent que cette vague ne fait probablement que commencer.

Ce qui fait qu’à horizon 2030, la répartition du capital pourrait évoluer fortement. Selon plusieurs projections des professionnels du secteur, le financement des nouveaux projets hôteliers devrait être assuré à environ 75 % par des investisseurs marocains, mais avec une part croissante d’opérateurs étrangers dans la gestion et parfois dans le capital. Les groupes espagnols pourraient représenter à eux seuls 20 à 25 % du parc hôtelier exploité sous enseigne internationale d’ici 2030. Les fonds du Golfe conserveraient les grands projets immobiliers et balnéaires, tandis que les investisseurs marocains garderaient la main sur le foncier intermédiaire et régional.

C’est précisément là qu’intervient la position de SMIT. Depuis plusieurs mois, son directeur général, Imad Barrakad, défend une ligne de plus en plus affirmée d’attirer des capitaux étrangers, oui, mais à condition qu’ils produisent davantage que de simples hôtels. La SMIT veut des projets intégrés, avec animation, culture, loisirs, expériences, tourisme rural, formation et emplois locaux. Autrement dit, moins de spéculation foncière, plus de création de valeur réelle.

 

Le problème est que la réalité reste souvent moins ambitieuse que les déclarations. Beaucoup de projets annoncés pour 2030 reposent encore sur une logique ancienne, construire plus de chambres, plus vite. Or le marché marocain souffre déjà d’un déséquilibre. Dans plusieurs destinations, le nombre de lits augmente plus vite que la qualité de l’expérience. Marrakech et Agadir commencent à approcher d’un seuil de saturation. À Saïdia, Taghazout ou Marchica, certains programmes immobiliers ont longtemps précédé la création d’une vraie destination.

Le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement est susceptible de jouer un rôle décisif dans cette nouvelle phase. Officiellement, il doit contribuer au financement de projets grandioses dans le tourisme, les infrastructures et les territoires. Officieusement, il pourrait devenir l’outil qui permettra au Maroc de garder une partie du contrôle sur ses actifs stratégiques, en entrant au capital des grands projets aux côtés d’investisseurs étrangers. Pour Rabat, l’enjeu est moins idéologique qu’économique pour éviter que les terrains les plus rentables du pays soient définitivement captés par des fonds étrangers sans véritable effet d’entraînement local.

Le Ministère du Tourisme et le gouvernement affichent aujourd’hui la doctrine toute simple d’ouvrir le marché, d’attirer les capitaux, d’accélérer les projets, quand on sait que la feuille de route 2023-2026 vise à placer le Maroc parmi les quinze premières destinations mondiales et à atteindre 26 millions de visiteurs en 2030. Toutefois, ce volontarisme soulève tout de même une question plus dérangeante : qui profitera réellement de cette croissance ? Les opérateurs marocains, les territoires, les salariés et les PME locales ? Ou surtout les grands groupes internationaux capables d’acheter aujourd’hui ce qui prendra de la valeur demain ?

Le diagnostic est donc contrasté. Oui, le Maroc attire davantage de capitaux qu’à n’importe quel moment de son histoire touristique. Oui, le pays a enfin compris qu’il devait préparer 2030 dès maintenant. Mais il reste un risque majeur. Reproduire les erreurs du passé, avec une croissance spectaculaire dans la forme, des milliards annoncés, des signatures de conventions et, au bout du compte, des stations inachevées, des hôtels sous-utilisés et des actifs contrôlés depuis Madrid, Paris, Le Caire ou Dubaï.

D’ici 2030, la vraie bataille ne sera peut-être pas celle du nombre de touristes. Elle sera celle de la propriété. Qui possédera le tourisme marocain lorsque les lumières du Mondial seront éteintes ? Voilà la question que personne ne pose encore franchement.


Source: 
/premiumtravelnews.com/ par mustapha amal


Par Med Mohamed Rial le Samedi 11 Avril 2026


D’habitude, le tourisme marocain met en avant ses chiffres et records avant de regarder très rarement ses visages. Les arrivées, les nuitées, les recettes, les ouvertures d’hôtels, les plans d’action. Tout ce qui se compte. Peu ce qui se transmet. Or, derrière chaque séjour réussi, chaque client qui revient, chaque réputation sauvée au détour d’un sourire ou d’un geste, il y a une armée résolue de réceptionnistes, de gouvernantes, de bagagistes, de concierges, de guides, de cuisiniers, de chauffeurs, de serveurs, d’agents de réservation, de maîtres d’hôtel, de femmes de chambre, d’agents d’entretien, de veilleurs de nuit… Des métiers invisibles tant qu’ils fonctionnent, exposés dès qu’ils déraillent.


TOURISME : Pour une hospitalité du cœur…

C’est précisément, si l’on se permet de dire, cette dette que veut solder la CNT avec sa Semaine de Célébration de l’Hospitalité, organisée du 21 au 28 avril 2026. Une opération beaucoup plus politique qu’il n’y paraît, consistant à remettre e capital humain au centre d’un secteur qui, depuis des années, parle davantage de records que de celles et ceux qui les rendent possibles.

Le tourisme marocain vend au monde entier une note de chaleur humaine, de « diyafa », de proximité, mais traite encore trop souvent ceux qui portent cette note comme une variable d’ajustement. Contrats précaires, horaires extensibles, salaires comprimés, pénurie de formation intermédiaire, fuite des talents vers le Golfe ou l’Europe. Dans nombre d’établissements, surtout hors du très haut de gamme, la qualité du service repose moins sur une organisation solide que sur le sacrifice individuel de salariés qui compensent, par leur dévouement, les failles structurelles de leur entreprise.


La CNT semble l’avoir compris. Depuis deux ans, elle multiplie les initiatives autour des métiers, des carrières et de la transmission. D’abord avec la Travel Careers Celebration Week, puis avec un calendrier annuel des célébrations du tourisme marocain, avant d’ouvrir en 2026 les « Moroccan Hospitality Talks », cycle de débats consacré à l’avenir des métiers de l’accueil. La Semaine de Célébration de l’Hospitalité en est l’étape légitime suivante, parler des professions et leur offrir une scène, une visibilité et une légitimité symbolique.

À Marrakech, dans certains palaces, des gouvernantes gèrent désormais des équipes de plus de cent personnes, avec des responsabilités comparables à celles d’un chef d’entreprise. À Agadir, plusieurs anciens commis de cuisine dirigent aujourd’hui leur propre maison d’hôtes ou leur restaurant. À Fez, des guides ont transformé leur connaissance de la médina en véritables entreprises de médiation culturelle. Pourtant, ces parcours restent marginaux dans le débat public, écrasés par les communiqués sur les taux d’occupation et les campagnes promotionnelles.

La CNT veut donc fabriquer de nouveaux héros. Non plus les seuls investisseurs, les seuls patrons ou les seuls grands groupes, mais les femmes et les hommes du terrain. L’idée peut sembler évidente. Elle est pourtant presque révolutionnaire dans un pays où l’on célèbre davantage l’ouverture d’un hôtel que la fidélité de son personnel.

Cette stratégie répond aussi à une urgence très concrète. Le Maroc ambitionne de rejoindre le cercle des grandes puissances touristiques d’ici 2030. Mais cette montée en puissance risque de buter sur un obstacle beaucoup plus terre à terre, qui servira, accueillera, expliquera, rassurera, formera ? Notre pays peut construire des hôtels à grande vitesse, il ne fabrique pas des professionnels de l’hospitalité en quelques mois.

En choisissant de consacrer une semaine entière à celles et ceux qui incarnent « l’hospitalité du cœur », la CNT reconnaît implicitement la réalité du tourisme marocain qui a trop longtemps refusé d’admettre que sa première richesse n’est ni son soleil, ni ses riads, ni ses plages, ni ses palaces. Sa première richesse, ce sont ses visages. Encore faut-il cesser de les applaudir une semaine par an pour commencer enfin à les traiter comme ce qu’ils sont : la véritable infrastructure du tourisme marocain.

source: premiumtravelnews.com  par 

Par Med Mohamed Rial le Mercredi 8 Avril 2026


La Cour d’appel de Marrakech a prononcé de lourdes peines dans l’affaire dite de « vente de masters », impliquant le professeur universitaire Ahmed Kailech et plusieurs complices.

La chambre des crimes financiers près la Cour d’appel de Marrakech a condamné, vendredi, le professeur d’enseignement supérieur Ahmed Kailech, coordinateur du master “système pénal et gouvernance sécuritaire” à l’Université Ibn Zohr d’Agadir à 4 ans de prison ferme et à une amende de 237.000 dirhams, dans une affaire de corruption liée à la falsification de diplômes universitaires.


 Agadir Université Ibn Zohr :Trafic de diplômes: 4 ans de prison pour le professeur universitaire Ahmed Kailech

Plusieurs condamnations dans le dossier

Dans cette affaire impliquant plusieurs accusés :

un second prévenu a également été condamné à 4 ans de prison ferme et à une amende équivalente ;

une troisième accusée a écopé de 2 ans de prison ferme et 187.000 dirhams d’amende ;

un autre prévenu a été condamné à 1 an de prison ferme et 40.000 dirhams ;

un cinquième a écopé de 8 mois de prison ferme et 10.000 dirhams.

Un accusé a, en revanche, été acquitté.

Des faits graves de corruption universitaire

Les poursuites portent sur des accusations de :

-corruption (acceptation de pots-de-vin) ;

-trafic d’influence ;

-falsification de diplômes ;

-manipulation des inscriptions en master.

Selon les investigations, des diplômes auraient été délivrés en contrepartie d’avantages financiers ou d’interventions d’influence.

Une affaire déclenchée en 2023 et relancée en 2025

L’affaire trouve son origine en 2023, après la diffusion d’enregistrements audio mettant en cause plusieurs intervenants dans des pratiques de « vente de jugements » et de diplômes.

Elle a connu un tournant en mai 2025 avec l’arrestation du professeur  Ahmed Kailech, sur instruction du juge d’instruction à Marrakech. Celui-ci a été placé en détention à la prison de l’Oudaya, tandis que plusieurs coaccusés ont été poursuivis en liberté avec interdiction de quitter le territoire.

Par ailleurs, le principal mis en cause avait déjà fait l’objet de poursuites dans d’autres volets judiciaires, notamment pour diffamation et atteinte à la vie privée, ayant donné lieu à des condamnations distinctes.

Un dossier appelé à se poursuivre

Selon plusieurs sources, l’affaire pourrait être portée devant la Cour de cassation, certains condamnés contestant toujours les faits qui leur sont reprochés.

Ce scandale, largement médiatisé, relance le débat sur la gouvernance du système universitaire et la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle pour préserver la crédibilité des diplômes et l’égalité des chances.


Source :  https://h24info.ma/

 

Par Med Mohamed Rial le Lundi 6 Avril 2026


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