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LE TOURISME VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL. MOYEN JUDICIEUX DE RAPPROCHEMENT DES CIVILISATIONS ET DES HOMMES


L’Agence nationale des équipements publics (ANEP) vient de lancer trois autres lots pour la mise à niveau du Grand stade d’Agadir. Ils représentent un investissement global de 2,419 MMDH. Cette nouvelle étape confirme l’accélération du chantier de modernisation de l’enceinte sportive, appelée à répondre aux exigences techniques et fonctionnelles imposées par la FIFA dans le cadre de l’organisation du Mondial 2030.

Le chantier de mise à niveau du Grand stade d’Agadir s’accélère. Après l’adjudication du premier lot, d’un montant de 1,08 milliard de dirhams (MMDH), notamment pour les travaux de gros-œuvre, étanchéité, revêtements, faux plafonds, menuiseries et peinture, l’Agence nationale des équipements publics (ANEP) vient de lancer trois autres lots représentant un investissement global de 2,419 MMDH.


Grand stade d’Agadir : trois nouveaux marchés de 2,4 MMDH pour accélérer les travaux

Pour rappel, la modernisation de l’enceinte sportive doit lui permettre de répondre aux exigences techniques et fonctionnelles imposées par la FIFA dans l’optique du Mondial 2030 que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal. Les nouveaux appels d’offres concernent les composantes les plus structurantes du projet, notamment la couverture et les façades, les installations techniques des fluides, les systèmes électriques, ainsi que d’autres prestations complémentaires.

Au total, l’enveloppe consacrée aux différents marchés déjà lancés avoisine désormais les 3,5 milliards de dirhams, traduisant l’ampleur de la transformation engagée pour faire du Stade Adrar une infrastructure répondant aux meilleurs standards internationaux. Au-delà de la simple rénovation de l’ouvrage, le projet vise une modernisation complète des équipements et des installations techniques.

La couverture et les façades : une composante très attendue
Le premier lot, consacré à la couverture et aux façades, constitue l’une des composantes architecturales les plus importantes de cette opération de mise à niveau. Selon le cahier des prescriptions spéciales, ce marché porte principalement sur la réalisation de la charpente métallique, la mise en place d’une structure de réseau de câbles, l’aménagement de l’auvent de l’entrée royale ainsi que la réalisation d’une nouvelle enveloppe en membrane et en aluminium.

L’objectif est d’apporter une touche de modernité à l’extérieur de l’enceinte, tout en améliorant sa résistance structurelle, son esthétique et ses performances techniques. Les travaux devront intégrer des solutions répondant aux contraintes mécaniques et climatiques tout en garantissant une coordination avec les autres corps de métier mobilisés sur le chantier. Le marché prévoit également le recours à des méthodes numériques de gestion du projet, notamment la modélisation BIM, un plan d’assurance qualité, un suivi topographique, des prescriptions environnementales ainsi que le respect des exigences de la certification HQE Infrastructures durables.

Cette composante revêt une importance particulière, puisque la couverture constitue l’un des éléments les plus visibles du stade et conditionne à la fois le confort des spectateurs, la protection contre les intempéries, l’intégration architecturale de l’équipement et son image lors des retransmissions internationales. L’amélioration des façades participe également à renforcer l’identité visuelle de l’enceinte, appelée à devenir l’un des sites emblématiques de la prochaine Coupe du monde.

Fluides, un volet indispensable au fonctionnement du stade et à la sécurité
Pour sa part, le second lot est consacré aux installations des fluides, un volet technique indispensable au fonctionnement quotidien du stade et à la sécurité de ses usagers. Le cahier des prescriptions spéciales prévoit la réalisation des réseaux de plomberie sanitaire, des dispositifs de protection contre l’incendie, des installations de climatisation, de ventilation ainsi que des systèmes de désenfumage, cette liste n’étant pas limitative. Ces équipements constituent l’ossature technique invisible de l’infrastructure et conditionnent directement les conditions d’accueil du public, des équipes sportives et des différents intervenants.

Les installations devront garantir une distribution optimale de l’eau, assurer le renouvellement permanent de l’air dans l’ensemble des espaces, maintenir des conditions thermiques adaptées aussi bien dans les tribunes que dans les espaces VIP, les vestiaires, les locaux techniques ou les zones réservées aux médias, tout en répondant aux normes internationales de sécurité incendie.

Les prescriptions du marché imposent également l’intégration des exigences environnementales et des référentiels HQE afin d’améliorer la performance énergétique du stade et de réduire son impact environnemental. Comme pour les autres lots, l’ensemble des prestations sera coordonné avec les différents intervenants du chantier dans le cadre d’une organisation technique globale destinée à garantir la compatibilité entre tous les systèmes du futur stade modernisé.

Les installations électriques à courants forts et faibles
Quant au troisième lot, il porte sur les installations électriques, qui constituent l’un des volets les plus importants aussi de la modernisation du Grand stade. Le cahier des prescriptions spéciales prévoit un vaste programme d’équipements intégrant les installations de courant fort, l’éclairage spécialisé, les systèmes de détection et d’extinction automatique des incendies, le précâblage informatique et téléphonique, les réseaux informatiques avec leurs équipements actifs, les réseaux sans fil, la téléphonie, le contrôle d’accès, les écrans LED périmétriques, la sonorisation générale et de sécurité, les équipements des salles de conférence, le réseau broadcast destiné aux diffuseurs audiovisuels, les systèmes d’horlogerie, la gestion technique centralisée (GTC), la télédistribution, les dispositifs d’affichage et de projection ainsi que la vidéosurveillance.

L’ensemble de ces installations vise à doter le stade d’une infrastructure numérique et électrique conforme aux standards des grandes compétitions internationales. Les futurs équipements devront garantir une alimentation électrique sécurisée et redondante, une connectivité performante, un contrôle permanent des installations techniques ainsi qu’une gestion centralisée des différents systèmes du stade. Les exigences portent également sur la qualité de l’expérience des spectateurs grâce à des dispositifs modernes de communication, d’information et de sécurité, tout en répondant aux besoins des diffuseurs, des médias, des organisateurs et des services de sécurité. Ce lot constitue ainsi la pierre angulaire de la transformation technologique du stade, appelé à accueillir des rencontres de très haut niveau.

Le chantier est déjà entré dans sa phase opérationnelle
Pour rappel, un peu plus d’un mois après l’adjudication du premier marché de mise à niveau du Grand stade d’Agadir dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde 2030, le chantier est déjà entré dans sa phase opérationnelle. Ils ont effectivement démarré depuis plusieurs jours et progressent aussi bien à l’intérieur de l’enceinte qu’au niveau de ses abords.

À l’entrée nord, les engins de terrassement sont déjà à pied d’œuvre pour préparer les interventions prévues dans le cadre du premier lot. Pilotée conjointement par la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements sportifs (SONARGES) et l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), cette première phase mobilise une enveloppe de 1,08 milliard de dirhams. Avec le lancement des quatre nouveaux lots, l’investissement global engagé atteint désormais près de 3,5 milliards de dirhams, illustrant l’importance accordée à la modernisation de cette infrastructure sportive.

La commission d’appel d’offres avait achevé ses travaux le 1er juillet 2026, en retenant l’entreprise adjudicataire à l’issue de l’examen de la conformité de ses dossiers administratif, technique et financier. Déjà rénové à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations et bénéficiant parallèlement d’un vaste programme d’aménagement urbain et paysager portant sur les voiries, les parkings, le parc urbain ainsi que le mobilier et l’éclairage public, le Grand stade d’Agadir fera désormais l’objet d’une nouvelle mise à niveau programmée sur une durée de quinze mois.

L’objectif affiché est de porter l’ensemble de l’enceinte au niveau des exigences fixées par la FIFA en matière d’organisation des compétitions internationales. Cette opération est répartie en plusieurs lots complémentaires, couvrant aussi bien les travaux de gros œuvre que les enveloppes architecturales, les réseaux techniques, les installations électriques et les équipements numériques, traduisant ainsi une approche globale de modernisation destinée à faire du Grand stade d’Agadir l’un des principaux sites appelés à accueillir les rendez-vous majeurs de la Coupe du monde 2030.

 Par Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO


Par Med Mohamed Rial le Mercredi 5 Août 2026


Lorsqu’on évoque le développement touristique du Maroc depuis le début du règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le constat qui nous vient en premier à l’esprit est la remarquable continuité des orientations royales qui ont façonné l’évolution du secteur depuis près de trois décennies.

Une lecture attentive des discours royaux prononcés depuis 1999 nous conduit à une constante où les grands objectifs fixés au début du règne demeurent aujourd’hui au cœur des ambitions nationales à l’horizon 2030. Le développement du tourisme marocain procède certainement d’une vision royale cohérente, régulièrement enrichie, mais fondée sur quelques principes directeurs qui traversent l’ensemble du règne de Sa Majesté.


Fête du Trône 2026 : 27 ans d’orientations royales qui ont remodelé le tourisme marocain

La portée de la vision royale réside dans le fait que les principales mutations observées aujourd’hui dans la diversification territoriale, l’ouverture aérienne continue, la valorisation du patrimoine identitaire, le développement de l’offre touristique ou l’émergence de nouvelles destinations et produits innovants, tous trouvent souvent leur origine dans des orientations formulées parfois plus de vingt ans auparavant.

Le discours royal fondateur demeure incontestablement celui adressé aux Assises du tourisme de Marrakech en janvier 2001. Sa Majesté y fixe une orientation qui allait profondément influencer les politiques publiques des décennies suivantes : « Faire du tourisme une véritable locomotive du développement. »

Cette phrase constitue indéniablement l’acte de naissance du tourisme marocain moderne.

À l’époque, le secteur représente déjà une activité importante, mais le Souverain lui assigne un rôle beaucoup plus ambitieux. Le tourisme est alors érigé en industrie capable d’entraîner l’investissement, l’emploi, les transports, l’artisanat, la restauration, le commerce et le développement territorial.

Cette orientation servira de fondement à la Vision 2010 puis à la Vision 2020. Elle inspirera également une mobilisation sans précédent de l’investissement public et privé autour des infrastructures touristiques.

Avec le recul, cette instruction royale est devenue l’un des socles des plus influents du règne de Sa Majesté sur le plan économique.

Le même discours contient une autre orientation particulièrement moderne : « Il appartient à chaque Marocain de se considérer comme un promoteur touristique de son pays. »

Vingt-cinq ans avant que les notions d’expérience client, de réputation numérique ou d’hospitalité territoriale ne deviennent pesantes dans les stratégies touristiques mondiales, le discours royal identifie déjà un facteur déterminant : la qualité de l’accueil.

Cette orientation demeure particulièrement pertinente à l’heure où le Maroc se prépare à accueillir la Coupe du Monde 2030 et plusieurs millions de visiteurs supplémentaires.

L’une des constantes les plus remarquables des discours royaux réside dans l’importance accordée aux infrastructures. Sans jamais réduire le tourisme à une simple question d’équipements, SM le Roi Mohammed VI a constamment souligné la nécessité d’améliorer la connectivité du Royaume.

Les investissements dans les autoroutes, les lignes ferroviaires, les ports et surtout les aéroports répondent à cette logique.

Le développement spectaculaire de nos différentes destinations aurait été impossible sans cette amélioration progressive de l’accessibilité. L’ouverture du transport aérien, la multiplication des liaisons internationales et les programmes actuels de modernisation aéroportuaire prolongent directement cette vision.

La stratégie Aéroports 2030, qui vise à adapter les infrastructures aux nouveaux flux touristiques et aux exigences de la Coupe du Monde, s’inscrit justement dans cette continuité.

Les discours royaux consacrés à la sauvegarde du patrimoine sont souvent considérés sous l’angle culturel. Ils possèdent pourtant une dimension touristique majeure.

Depuis le début de son règne, Sa Majesté a sans cesse multiplié les initiatives visant à préserver nos médinas historiques, restaurer les monuments et valoriser les savoir-faire traditionnels. Les vastes programmes engagés à Fez, Marrakech, Meknès, Rabat, Salé, Tétouan ou Essaouira prouvent cette orientation. L’objectif est aussi de renforcer l’attractivité du Maroc dans un environnement international de plus en plus concurrentiel.

Une autre constante des discours du Trône concerne le développement équilibré des territoires. À plusieurs reprises, le Souverain a, en effet, insisté sur la nécessité de réduire les écarts entre régions et de valoriser les potentialités propres à chaque territoire. Cette philosophie a profondément transformé la géographie touristique nationale.

Le Maroc touristique des années 1990 reposait principalement sur quelques pôles historiques. Le Maroc touristique de 2026 présente une réalité beaucoup plus diversifiée.

Tanger est devenue une destination internationale à part entière. Tamuda Bay s’est affirmée en pôle balnéaire principal haut de gamme du Royaume. Chefchaouen attire désormais une clientèle internationale importante. Dakhla s’est positionnée sur les sports nautiques et le tourisme expérientiel. L’Oriental a progressivement renforcé sa visibilité touristique. Ouarzazate en capitale planétaire de tournage de plusieurs best-sellers, etc.

L’un des chapitres les plus récents des orientations royales concerne les provinces du Sud. À travers le Nouveau Modèle de Développement des Provinces du Sud puis l’Initiative Atlantique, Sa Majesté a dessiné les contours d’une transformation économique de grande ampleur. Le tourisme occupe une place importante dans cette vision.

Dakhla en constitue aujourd’hui l’illustration la plus visible. La destination bénéficie désormais d’une notoriété internationale dans les domaines du kitesurf, des sports nautiques, du tourisme de nature et des séjours haut de gamme.

L’analyse des discours royaux montre également une évolution importante au cours des années récentes. Si les premières stratégies visaient essentiellement à accélérer la croissance touristique, les orientations plus récentes accordent davantage d’importance à la qualité, à l’efficacité et à la gouvernance.

Dans plusieurs discours du Trône, Sa Majesté insiste sur la nécessité d’améliorer les services publics, d’accélérer l’exécution des projets, de renforcer la responsabilité des administrations et de privilégier les résultats concrets. Ces orientations concernent directement le tourisme.

À travers l’ensemble des discours royaux consacrés directement ou indirectement au tourisme, trois idées surgissent avec une remarquable constance. Faire du tourisme un moteur économique majeur, faire de la diversité territoriale du Royaume un avantage concurrentiel et faire de la qualité de l’expérience touristique une condition essentielle de la compétitivité.

Vingt-sept ans après l’intronisation de Mohammed VI, la singularité du modèle touristique marocain réside peut-être moins dans ses performances chiffrées que dans cette continuité stratégique. Dans un environnement international marqué par les changements de cap et les cycles politiques courts, le tourisme marocain s’est développé autour d’une vision de long terme dont une grande partie des objectifs demeure aujourd’hui d’une étonnante actualité.


Par mustapha amal   /  
https://premiumtravelnews.com/ 

 

Par Med Mohamed Rial le Jeudi 30 Juillet 2026


À chaque publication des statistiques touristiques, le même réflexe prévaut de s’atteler, avec frénésie, à compter les visiteurs étrangers et les recettes en devises, analyser les performances des destinations nationales et évaluer les capacités hôtelières. Pendant ce temps, l’ombre des résidents marocains qui voyagent à l’étranger plane avec envergure.Et pour cause, ce segment, que les professionnels appellent le tourisme émetteur ou «outbound tourism», demeure paradoxalement l’un des moins étudiés du paysage touristique national. Pourtant, les chiffres diffusés récemment par Tourespana montrent qu’il constitue désormais une composante non négligeable de la mobilité des Marocains et non point un marché marginal réservé à une élite friquée.


Pourquoi l’outgoing échappe t-il encore aux statistiques officielles ?

Mais pourquoi, donc, ce marché continue d’être traité comme un sujet secondaire dans les politiques publiques du tourisme ? Une fois de plus, l’absence de statistiques détaillées échappent délibérément du débat réside public et privé.

Oui, le Maroc dispose de données extrêmement précises sur les arrivées touristiques internationales, les nuitées hôtelières ou les recettes en devises. En revanche, les données relatives aux résidents marocains voyageant à l’étranger restent fragmentées, dispersées entre plusieurs administrations et rarement analysées dans leur globalité. Or, tout indique que le phénomène dépasse largement certaines estimations traditionnelles du secteur.

Voyages de loisirs, déplacements professionnels, congrès, missions économiques, études, tourisme médical, compétitions sportives, croisières, séjours linguistiques, Omra, Hajj, événements associatifs ou voyages familiaux, la mobilité internationale des résidents marocains s’est profondément diversifiée au cours des quinze dernières années.

Le seuil d’un million de voyages internationaux annuels réalisés par des résidents marocains hors MRE nest plus irréaliste. Il pourrait même être dépassé selon la méthodologie retenue et les catégories prises en compte. Toutefois, personne, ni le ministère du Tourisme, ni les autres départements ministériels, ni les intervenants publics concernés, ni l’Observatoire du Tourisme, ni la CNT,  ne semblent réellement quantifier ce marché avec la même rigueur que celle appliquée au tourisme réceptif. Alors qu’il s’agit là d’une industrie qui génère des flux financiers considérables…

Cette vision comptable, héritée d’une époque où voyager à l’étranger concernait une minorité, ne correspond plus à la réalité actuelle. Chaque voyage international génère une chaîne de valeur importante au Maroc. Avant même le départ du voyageur interviennent les agences de voyages, les compagnies aériennes, les banques, les assureurs, les centres de visas, les plateformes technologiques, les transporteurs et les différents prestataires de services administratifs.

L’outgoing n’est donc pas seulement un consommateur de devises. Il constitue également une activité économique nationale créatrice d’emplois, de revenus fiscaux et de valeur ajoutée.

Le discours dominant laisse parfois croire que les plateformes numériques ont rendu les agences de voyages obsolètes. La réalité est cependant à prendre avec des pincettes. Les agences marocaines conservent un avantage déterminant : leur capacité à gérer les flux financiers internationaux dans un cadre réglementaire sécurisé. Le mécanisme autorisant les agences à conserver une partie des devises rapatriées pour régler les prestations internationales constitue un outil stratégique essentiel.

Normal. Sans ce système, l’organisation de nombreux voyages de groupes, déplacements professionnels, événements internationaux ou circuits complexes serait nettement plus difficile.

Encore que l’évolution la plus déterminante de ces dernières années ne provient ni des compagnies aériennes ni des tour-opérateurs. Elle provient du système bancaire. L’élargissement des possibilités de paiement international offertes aux résidents marocains a profondément transformé le comportement des voyageurs.

Aujourd’hui, un citoyen peut réserver un hôtel à Tokyo, acheter un billet de train en Italie, payer un musée aux Pays-Bas ou régler un supplément aérien depuis son smartphone. Cette évolution rapproche progressivement le consommateur marocain des standards observés dans les grands marchés émetteurs européens.

Toute analyse sérieuse du tourisme émetteur marocain doit isoler les flux religieux. Les voyages liés à la Omra et au Hajj représentent un marché spécifique disposant de mécanismes propres en matière de change, d’organisation et d’encadrement. Ils ne répondent ni aux mêmes logiques économiques ni aux mêmes comportements de consommation que le tourisme de loisirs. Cette distinction rappelle que le tourisme émetteur marocain est en réalité constitué de plusieurs marchés différents et non d’un bloc homogène.

Le débat national reste souvent focalisé sur les montants de devises autorisés. Pourtant, les voyageurs parlent d’autre chose. Ils évoquent les délais de visa. Ils évoquent les refus de visa. Ils évoquent les assurances insuffisantes. Ils évoquent les difficultés de remboursement. Ils évoquent les annulations de vols. Ils évoquent les procédures complexes en cas de problème à l’étranger.

En d’autres termes, le sujet ne se limite pas uniquement le financement du voyage, mais aussi à la protection du voyageur. En effet, dans plusieurs pays européens, les assurances annulation, les garanties de rapatriement, les couvertures médicales internationales et les mécanismes d’assistance sont devenus des standards de marché. Au Maroc, ces services existent mais leur généralisation reste incomplète.

On convient tous que le Maroc a développé une stratégie ambitieuse pour attirer les visiteurs étrangers, une stratégie qui produit des résultats visibles. Mais, plus généralement, une politique touristique moderne ne peut se limiter à gérer les touristes qui entrent sur le territoire. Elle doit également s’intéresser aux citoyens qui en sortent temporairement.

D’ailleurs, les grandes puissances touristiques européennes l’ont compris depuis longtemps. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, le Portugal ou les pays du Benelux ne considèrent pas leurs voyageurs internationaux comme une anomalie économique. Ils les considèrent comme des consommateurs à protéger et comme des acteurs normaux de la mobilité contemporaine. Notre pays ne gagnerait-il pas à adopter la même approche ?

Par mustapha amal   //premiumtravelnews.com/

Par Med Mohamed Rial le Mardi 28 Juillet 2026


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